L'ERREUR EN CHIRURGIE ET AU BLOC OPERATOIRE :
QUEL ROLE POUR LE NUMERIQUE ?
 

« La première fois que j’ai fait une erreur grave en chirurgie, j’ai tué quelqu’un ». Peu de chirurgiens prononceront ces mots en public mais nous, chirurgiens, nous le savons et n’oublions pas. Accusé ou non d’une erreur médicale, nous n’oublions jamais que nous avons été responsables de la mauvaise décision, celle qui a été fatale, culpabilité ultime devant son petit tribunal personnel.

C’est la grande différence entre le pilote d’avion et le chirurgien : le pilote disparaît avec l’avion et son erreur alors que le malade meurt et le chirurgien reste. Le chirurgien, il reste et progresse en traversant certaines séries noires qu’il supporte plus ou moins crânement avec des opérations difficiles réussies. C’est comme ça depuis que l’on a inventé la chirurgie, donc bien avant l’aéronautique.

Aujourd’hui, l’industrie du jeu vidéo a dépassé celle du cinéma et nos enfants achètent 50 euros des jeux aux réalismes troublants. En travaillant dans les plus grands centres français de chirurgie et de transplantation, aucun outil numérique pour apprendre ou simuler une opération complexe dans un bloc opératoire n’est pour ainsi dire disponible.

Du fait de l’impact humain, médiatique et financier d’un crash aérien, un pilote ne prendra jamais les commandes d’un avion sans de nombreuses heures de simulateur lors de sa formation initiale et tout au long de sa carrière. En 2018, dans de très grands services Universitaire français, on apprend la chirurgie aux plus jeunes comme on fait depuis toujours : Les jeunes chirurgiens apprennent en regardant opérer les vieux, plusieurs fois, puis on les évaluent en les regardant opérer, quelque fois, puis ils se débrouilleront seuls, le plus souvent… souvent sans conséquences mais malheureusement, pour les malades et pour eux, pas toujours.

La mise à disposition et le développement de simulateur en chirurgie lourde est de moins en moins un problème technologique à l’ère des casques de réalité immersive et des gants haptiques. Le problème est surtout un problème de moyens financiers. Tous les services de chirurgie lourde devraient disposer de simulateurs destinés à la formation initiale et continue des chirurgiens. A court terme, ces simulateurs pourraient être utilisés avec des modèles anatomiques standardisés et demain, ce seront des modèles personnalisés réalisé à partir des données d’imagerie du malade qui seront exploités sur ces simulateurs. Avec ces modèles personnalisés, ces simulateurs permettront aussi à des chirurgiens experts de préparer des opérations très complexes.

A coté du geste technique lui-même, c'est aussi le bloc opératoire qu'il faut simuler pour appréhender comment les relations entre chirurgie, anesthésistes et personnel paramédicaux peuvent transformer une erreur en drame ou au contraire l'éviter.  

Le WIC 2018 va aborder le problème de l’erreur en chirurgie et au bloc opératoire en réunissant pendant 2,5 jours des chirurgiens universitaires digestif, hépatique, bariatrique, pédiatrique, cardiaque et thoracique, des anesthésistes réanimateurs et des infirmières de bloc opératoire avec des experts du numériques impliqués dans la modélisation, la simulation, l’haptique et l’intelligence artificielle en sémantique et reconnaissance automatique des images.

Le WIC n’est pas une énième réunion sur le numérique en santé pour nous faire rêver le futur et nous galvaniser autour de nouvelles réalités imaginaires. Le WIC est un lieu où le présent s'imprègne d'un futur réaliste dans le domaine précis et concret de la simulation en chirurgie.

Le but du WIC est de modifier rapidement le présent de la chirurgie en analysant les solutions numériques actuelles en présence d’industriel et des assureurs qui seront totalement intégrés à la réflexion au sein de 3 ateliers de Design Thinking. Le rôle du WIC est aussi d’être une force de propositions pour aider les Parlementaires Français dans leurs décisions.

Le WIC est une réunion hors norme et hors cadre où seront présent outre les experts et les industriel, un Pilote Air France, Julien Paulet, qui nous apportera son expérience dans le domaine de la simulation et de la gestion des erreurs et une Philosophe, Cynthia Fleury.

 

 

 
 
 

 

 

 

          
 
 
  

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